Natto

Mon poissonier est coréen, comme de nombreux autres commerçants du quartier. Mais cela ne l’empêche pas de proposer des produits importés d’autres pays asiatiques, dont le Japon.

Et l’autre jour, ouééé, j’ai trouvé du natto.

natto

Cékoidonk ce truc?

Ce n’est… pas du poisson, pour commencer (même si cela sent fort, prétendent ses détracteurs).

Ce sont des haricots de soja, fermentés. Le natto est vendu dans des petites boîtes comme celle-ci, accompagné d’un sachet de sauce de soja et de moutarde chinoise. On mélange tout, on ajoute de la ciboule hachée comme je viens de le faire, et on déguste sur du riz bien chaud — en s’en mettant partout. Car au cahier des charges du natto, se trouve l’obligation suivante : le bon natto est collant-gluant.

Dans ma famille d’accueil, la première fois que je suis allée au Japon, il y en avait régulièrement au petit déjeuner. Au début, on ne sait pas comment faire, on observe. Le grand-père verse l’intégralité du natto dans son bol de riz et touille énergiquement. J’essaye de faire de même… bilan, je me bat avec les fils durant 1/4 d’heure et je passe le reste de la journée avec des haricots dans les cheveux et les oreilles. Oké j’exagère, mais quand même ça colle ce truc. Le lendemain, le père de famille m’a prise en pitié et m’a expliqué qu’il était plus facile d’en mettre seulement un peu sur une bouchée de riz, pour que les baguettes ne touchent que ce dernier.

Tout ça pour dire que la consistance peut ne rebuter plus d’un (et l’odeur, ajoutent les esprits chagrins, alors que c’est même pas vrai, ça ne pue pas le natto, OK on a intérêt à virer rapidement le sac poubelle dans lequel ont fini les emballages, mais non ça ne pue pas, ça sent fort, c’est tout), en revanche ce petit goût de noisette, franchement je suis fan.

Cela dit, vous avez le droit de ne pas aimer car le sujet divise profondément les Japonais. Les gens du Kansai (la région de Kyoto) tordent le nez devant le natto, “plat de paysan” disent-ils. Ce à quoi les habitants du Kanto (la région de Tokyo) répliquent que ces snobinards de Kyotoites ne savent pas ce qui est bon.
Le natto est un peu “le test” pour les étrangers. “Et, vous aimez le natto?” est une question classique lorsque les gens apprennent que vous avez vécu au Japon.
Si vous répondez oui*, quelque part, ils ne vous croiront pas vraiment, à moins bien sûr que le dialogue se passe en pleine action, au moment du petit déjeuner…

*Le Capitaine ajoute généralement : “…et je mets du sucre dedans”. La tête de l’interlocuteur à ce moment vaut son pesant de haricots de soja.

2 Réponses à “Natto” :

  1. Cloporte dit:

    Je serais curieuse d’essayer ca, tiens !
    Au fait, tu manges beaucoup avec les baguettes chinoises ? Je veux dire, si t fait un plat de riz francais ou autre, tu utilise des baguettes ? Ou juste pour les plats asiatiques ?
    (nous, on avait pris l’abitude de manger tout ce qui va dans un bol (salade tomates, riz) avec des baguettes 🙂 J’suis curieuse (et pas bien reveillee).

  2. A l'Ouest dit:

    En général on laisse les baguettes pour la cuisine asiatique. Sauf que j’utilise les grandes baguettes de cuisine souvent (pour touiller les spaguettis par exemple).

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