Pressure to cover

Quelques extraits d’un article paru dans le NYT Magazine de ce week-end : “The pressure to cover” (je conseille vivement de le lire en intégralité — il n’est pas si long — avant qu’il ne passe en archives payantes)
L’auteur est gay, professeur à Yale, et s’interroge sur l’actualité de la discrimination ainsi que des moyens de s’en débarrasser.

In recent decades, discrimination in America has undergone a generational shift. Discrimination was once aimed at entire groups, resulting in the exclusion of all racial minorities, women, gays, religious minorities and people with disabilities. A battery of civil rights laws – like the Civil Rights Act of 1964 and the Americans with Disabilities Act of 1990 – sought to combat these forms of discrimination. The triumph of American civil rights is that such categorical exclusions by the state or employers are now relatively rare.

Now a subtler form of discrimination has risen to take its place. This discrimination does not aim at groups as a whole. Rather, it aims at the subset of the group that refuses to cover, that is, to assimilate to dominant norms. And for the most part, existing civil rights laws do not protect individuals against such covering demands. The question of our time is whether we should understand this new discrimination to be a harm and, if so, whether the remedy is legal or social in nature.

Durant les dernières quelques dizaines d’années, la discrimination aux Etats-Unis a changé. La discrimination était autrefois dirigée contre des groupes entiers, résultant dans l’exclusion de toutes les minorités raciales, les femmes, les gays, les minorités religieuses et les personnes handicapées. Une série de lois pour le droit des citoyens — comme l’Acte des Droits Civils de 1964 et l’Acte des Américains Handicapés en 1990 — ont cherché à combattre ces formes de discrimination. Le triomphe des droits civils fait que ce genre d’exclusions catégorielles, de la part de l’Etat ou des entreprises, est maintenant relativement rare.

Une forme plus subtile de discrimination a pris sa place. Cette discrimination ne s’adresse pas à un groupe dans son entier, mais plutôt à ceux de ses membres qui refusent de se “couvrir”, c’est à dire, de s’assimiler à la norme dominante. Et dans la plupart des cas, les Droits Civils existants ne protègent pas les individus contre cette obligation de “couverture”. La question actuelle est donc dans quelle mesure nous devrions ou non considérer cette nouvelle sorte de discrimination comme un fait grave, et, si oui, se demander si le remède à cela est de nature légale ou sociale.

(L’auteur passe ensuite en revue divers jugements rendus suite à des plaintes pour discrimination)

(The) distinction between being and doing reflects a bias toward assimilation. Courts will protect traits like skin color or chromosomes because such traits cannot be changed. In contrast, the courts will not protect mutable traits, because individuals can alter them to fade into the mainstream, thereby escaping discrimination. If individuals choose not to engage in that form of self-help, they must suffer the consequences.

The judicial bias toward assimilation will seem correct and just to many Americans. Assimilation, after all, is a precondition of civilization – wearing clothes, having manners and obeying the law are all acts of assimilation. Moreover, the tie between assimilation and American civilization may be particularly strong.

La distinction entre “être” et “faire” reflète un biais en faveur de l’assimilation. Les tribunaux vont protéger des traits comme la couleur de la peau ou les chromosomes parce que ces caractéristiques sont immuables. En revanche, les tribunaux ne vont pas protéger des traits susceptibles de changer (coiffure, etc), parce que les individus ont la possibilité de les modifier afin de se fondre au sein de la norme, échappant ainsi à la discrimination. S’ils refusent d’agir en ce sens et de s’aider eux-même, ils doivent en subir les conséquences.

Ce biais judiciaire en faveur de l’assimilation semblera correct et juste pour la plupart des Américains. L’assimilation, après tout, est une condition préalable à la civilisation — Porter des vêtements, avoir de bonnes manières et obéir à la loi constituent des actes d’assimilation. En plus, le lien entre assimilation et civilisation aux Etats-Unis est particulièrement fort.

L’auteur parle évidemment ici du Melting-Pot.

Il explique ensuite que les tribunaux ont tout intérêt à agir en faveur de l’assimilation, parce que sinon l’attribution d’un droit exceptionnel à un individu ou un groupe particulier résulterait dans une injustice envers d’autres individus ou groupes. La boîte de Pandore, quoi. De ce point de vue, la décision du juge peut paraître injuste dans certains cas, mais globalement, elle sert à renforcer la cohésion sociale.

Cependant, l’assimilation des individus ou des groupes, pour le bénéfice du plus grand nombre, ne devrait pas être forcée. De ce point de vue, la solution judiciaire est insuffisante.

En effet, qui dit “assimilation” parle de norme. Or qu’est-ce que la “norme”? Les personnes qui sont considérées comme appartenant à cette norme (blancs, chrétiens, hétéros) n’ont-elles donc aucun droit à défendre? C’est pourquoi l’auteur parle de “nouveaux droits civils”.

We must shift away from claims that demand equality for particular groups toward claims that demand liberty for us all.

Plutôt que réclamer l’égalité pour des groupes particuliers, il nous faut demander la liberté pour chacun.

Only through such freedom can we live our lives as works in progress, which is to say, as the complex, changeful and contradictory creatures that we are.

Il n’y a que dans cette liberté que nous pouvons vivre notre vie comme une oeuvre inachevée, autrement dit, comme les créatures complexes, changeantes et contradictoires que nous sommes.

Une Réponse à “Pressure to cover” :

  1. lajeunebergere dit:

    bouh….. il est 22h20 ici….. je n’ai plus tous mes neurones connectés…. Je reviendrai lire à une heure plus propice à la comprenette….

    ceci dit, même sans avoir tout compris, j’aime assez les derniers paragraphes!

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