Down and dirty politics

Pour se faire réélire, les hommes politiques, en général, aimeraient bien éviter de débattre des vrais problèmes qui intéressent l’électeur au jour le jour. En effet, ils risqueraient de mettre à nu la cruelle absence de solutions constructives dans leurs projets. Toute diversion est par conséquent la bienvenue, et en général les médias marchent à fond dans la combine.

En France, le débat se porte dès que possible sur les questions idéologiques. Le candidat est-il ou non fidèle à la “Ligne du Parti”?

Ici aux Zétazunis, difficile de parler idéologie tant il y a finalement peu de différences entre les principaux partis. Le débat se porte donc sur autre chose, et toujours pour éviter d’affronter les vraies questions de fond, on préfère creuser la vie privée des candidats.

Ca tourne assez vite au pugilat.

La campagne électorale pour le poste de gouverneur du New Jersey est un bon exemple, ainsi que le rapporte le New York Times.
Le candidat républicain a attaqué son opposant démocrate dans un spot électoral en utilisant une citation de l’ex-femme dudit démocrate. La femme dit en substance qu’elle a divorcé parce que son mari négligeait sa famille au profit de la politique, et conclut qu’il en serait de même pour les malheureux administrés de l’Etat, s’il était élu.
Le républicain est sous le feu des critiques, non seulement pour la bassesse de cette attaque (il faut avouer que cela ne vole pas très haut, mais ici c’est assez normal), mais parce que la veille, il avait dit qu’il ne tirerait pas parti des déclarations de cette femme. C’est donc un menteur. C’est plus que grave : ici, c’est un péché capital.

(Par exemple, concernant le Président, non, ce n’est pas un menteur : il est de bonne foi, mais il n’a pas toutes les infos, nuance. On ne peut pas mentir à la Nation. C’est impossible.)

Cette stratégie électorale qui consiste à exposer les détails (croustillants de préférence) de la vie privé de son opposant est donc très courante ici. D’un côté, les gens se déclarent choqués, mais en définitive, comme le dit un professeur d’histoire politique cité par le NYT, “on a rarement vu un candidat être puni par le verdict de l’isoloir parce qu’il est allé trop loin dans les attaques ad hominem
Plus on avance dans les débats, plus cela devient donc down and dirty.

L’idée sous-jacente en définitive, c’est qu’il n’y a pas de séparation tranchée entre vie privée et vie publique. Une personne qui n’est pas digne de confiance en privé (qui a une maîtresse, par exemple) ne l’est pas non plus en politique, estime-t-on. C’est pour cela aussi (ce manque de séparation) que les questions de pratique religieuse ont tant d’importance : par exemple, certains évêques qui disaient que Kerry devait, en tant que catholique, prendre publiquement position contre l’avortement.

Finalement, le débat purement idéologique à la française, c’est moins salissant. Il a au moins le mérite de laisser aux ragots la place qui leur revient : dans les tabloids.

Une Réponse à “Down and dirty politics” :

  1. Jid dit:

    Ce qui est bizarre, amusant? c’est que ce ne sont pas les mêmes valeurs : en France, un homme politique ne serait pas mal vu s’il a une maitresse, presque le contraire (en revanche il le serait s’il dépense les sous de l’état pour elle).

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