Arc-en-ciel de sentiments
Je me suis offert le dernier Murakami traduit en anglais : Kafka on the shore. J’aime beaucoup, mais ça m’a donné un gros coup de nostalgie dès les premières pages. Déjà Murakami est du genre mélancolique, ça n’aide pas,mais en plus il a le chic pour recréer en quelques mots, trois fois rien, l’atmosphère du Japon dont je me souviens. Ou peut-être suis-je trop réceptive à ma propre nostalgie et n’importe quel auteur nippon me ferait pareil ? Je l’ignore. En tout cas, boy oh boy j’ai eu soudain terriblement envie de retrouver les ruelles tranquilles de Kamakura, l’odeur d’herbe fraîche des tatamis neufs, les énormes pêches sucrées si mûres qu’il fallait les garder au frigo et dont je me suis régalée tout l’été de ma grossesse, les fleurs higan-bana d’automne, les bains brûlants, les petits temples silencieux…
Maybe one day…
Rien de tel que les enfants pour s’ancrer dans le présent, me dis-je un peu plus tard en donnant le sein à Pipasol. Onze mois déjà , un an bientôt, et pour le moment, cela nous convient à tous les deux. Il vient vers moi avec sa petite langue rose sortie et son air câlin, et je sais bien ce que ça veut dire. Tout en têtant, il me touche le nez de sa main libre. Je lui fais des bisous dans la paume et cela le fait rire (dans l’opération, il arrive à ne pas me mordre, donc c’est parfait). Je me dis que plus tard, il pourra être un ado pénible s’il veut, il faudra me souvenir qu’on avait eu ces moments-là rien que pour nous, et c’est bien.
Tournesolette grandit sans grandir, elle est vive et bavarde et chipie comme une petite fille de trois ans, mais haute comme 18 mois — en fait, elle est à peine plus grande que son frère, et moins lourde. Cet après-midi, elle jouait avec une autre fillette de son âge, j’avais un pincement au coeur en la voyant, mon petit oiseau fragile et gracile. On attend qu’elle catch up, qu’elle rattrape, tout cela est tellement lent… je voudrais être déjà cinq ou six ans plus tard, savoir ce que l’avenir lui réserve… mais il faut avancer, au jour le jour.
J’ai du mal à mettre mes idées en place, le Capitaine joue à Battlefield 2 en injuriant copieusement ses partenaires virtuels — c’est juste un jeu, ça le défoule, mais dur de se concentrer à côté.
Je crois que je vais aller sur Amazon trouver un coffre à jouets correct pour l’anniversaire de Pipasol. Mieux que la caisse de Pampers qui trône actuellement sur le tapis du salon…
Ca sent le coup d’blues ça, moi, qui te le dit ! Je comprends très bien ce que tu ressens, ça m’arrive assez souvent (faut que je trouve un nom aussi crognon que Pipasol et Tournesolette pour mon E.T. et mon Zébulon, y a pas à dire).
J’ai un ‘tit truc à t’envoyer pour Pipasol, faudra que je t’emaile, tiens, et pas louper son niversaire (je suis championne pour louper les niversaires, je préviens !)
Vous prevoyez un retour au Japon un jour? des projets a long termes ? Ca me fait bizarre de t’entendre parler du Japon comme de ta maison…pour moi cette culture est tellement eloignee de la mienne qu il me parait improblable de m y sentir chez moi…et pourtant je dis ca sans connaitre…un bete a priori…
MamanNous3
Très joli titre pour un très joli texte….. Je suis émue là …..
Immalo > te voici dans ma blogliste 8)
MamanNous3 > Des projets de vacances, tout au moins…
lajeunebergere > merci, de toi cela me touche 🙂
J’ai regarde le film “stupeurs et tremblements” base sur le livre, et c’est vrai que le Japon a l’air bien eloigne de nous….
Il faut absolument que je m’achete ce livre dont tu parles, j’en ai entendu parler en bien!
c’est presque de la poesie tout ca