Valise diplomatique

Dans les discussions d’expatriés, un sujet qui revient souvent sur le tapis est ce qu’on rapporte de France, ou éventuellement comment s’en passer. Comme on s’en doute, la conversation tourne surtout autour de la nourriture (et de la boisson), tant il est vrai que quand deux Français se rencontrent, non seulement vous avez affaire à trois partis politiques, mais vous repartez surtout avec l’adresse de leur restaurant favori.

Je m’aperçois que le contenu de la “valise diplomatique”, celle que l’on pèse avec précautions avant le départ et dont on se demande si oui ou non son contenu amoureusement emballé passera la douane, a pas mal varié depuis les 14 ans (diantre) que je vis ici.

Tout d’abord parce que les besoins de la petite famille ont varié avec le temps. Les enfants au berceau consomment généralement assez peu de Nutella et de Ricoré ; une tribu de préados n’a en principe pas besoin de soupes Blédina en poudre ou de liniment oléo-calcaire pour les petites fesses (Okay le Frenchie en vacances ne rapporte pas QUE de la bouffe mais aussi de la parapharmacie).

Ensuite, l’offre au niveau local s’est considérablement diversifiée, sur New York en tout cas (pour les coins plus isolés au centre du pays, il faut encore s’appuyer sur Grand-maman et ses colis, quoique Amazon a fait de gros progrès). On trouve du pain correct un peu partout, et même du cidre qui vaut bien le breton. Le moindre supermarché vend de la confiture Bonne-maman, les Brioches Pasquier se trouvent presque partout, pour ne citer que deux exemples. Ce post n’est pas sponsorisé, hélas pour moi.

Mais je crois que l’évolution principale s’appelle l’acculturation. Nous avons pris nos marques dans ce pays qui est maintenant le nôtre, nous avons adapté notre attitude, notre palais, notre répertoire culinaire. Nous ne recherchons plus à tout prix des ersatz aux produits et ingrédients du pays. A Thanksgiving, on rôtit la dinde, mon cheesecake au kabocha se défend, mon chili aussi, j’ai plusieurs sortes de muffins à mon répertoire, mes enfants adorent mes chicken wings et on mange des pancakes plus souvent que des croissants le dimanche matin.

Il va sans dire qu’on est toujours contents de rapporter un pot de confiture maison de grand-mère, et du Ricoré, et que le rayon yaourt des supermarchés de la mère patrie nous fait toujours rêver.

Et j’achète toujours mes soutifs et mon déo quand je suis en vacances en France, parce que bon ici c’est… pas pareil.

Répondre