Bacalao a la vizcaina

Traditionnellement, les habitants des Caraïbes mangent beaucoup de morue. Comme l’explique Mark Kurlansky dans son livre Cod, A biography of the Fish That Changed the World, un ouvrage absolument fascinant que je vous recommande chaudement, la consommation de morue est due au commerce triangulaire. La morue salée servait à la fois comme monnaie d’échange pour acquérir des esclaves sur les côtes africaines, et comme source de protéines peu onéreuse pour les nourrir une fois sur place. Les populations en vinrent à dépendre exclusivement de la morue pour se nourrir, tant et si bien que l’arrêt des importations de morue en Jamaïque à la suite de la Révolution américaine provoqua une famine qui fit 15 000 victimes entre 1780 et 1787.

De nos jours, la morue a quasiment disparu, victime de la pêche industrielle, et on vend comme “morue” diverses autres espèces telles que le haddock.

À la différence de la morue salée, dure comme du bois que l’on voyait entassée en plein air sur les étals des marchés auvergnats dans mon enfance (tant pour la cuisine portugaise que pour certains plats auvergnats traditionnels comme l’estofinado), celle que je trouve dans mon supermarché local est semi-salée, c’est à dire encore souple, et conservée au frais. Bonus: ce sont des filets normalement sans arêtes.

Il y a différentes marques mais je trouve que merex présente la meilleure qualité, et le moins d’arêtes surprises.

Sur le dos du paquet, il y avait la recette suivante, que j’ai juste adaptée en mettant moins de piment.

La première chose à faire, c’est de dessaler la morue dans un assez grand récipient plein d’eau, au frigidaire pendant 24 h en changeant l’eau trois fois.

Ensuite, il nous faut les ingrédients suivants:

La morue, un oignon émincé, deux ou trois gousses d’ail de même, deux poivrons itou, une boîte de tomates en morceaux, et du piment d’Espelette en hommage aux Basques, grands pêcheurs de morue devant l’Éternel (vraiment, lisez le livre, il en vaut la peine).

Dans une grande sauteuse, faire revenir l’oignon dans un peu d’huile d’olive.

Une fois revenu, toujours sur le feu, poser dessus les filets de morue égouttés

puis les poivrons, l’ail, et on verse par-dessus les tomates et leur jus, sans oublier un peu de piment d’Espelette.

Baisser à feu moyen, couvrir et laisser mijoter sans y toucher 15 minutes environ. Le plat est prêt lorsque les poivrons sont cuits.
Servir dans des assiettes creuses, se régaler.

Facile, rapide, et délicieux.

2 Réponses à “Bacalao a la vizcaina” :

  1. Otir dit:

    Ca, c’est du blogue ou je ne m’y connais pas !

    Miam !!

  2. Marie Lmr dit:

    Génial ! Ca me fait envie, je vais me laisser tenter ! Super ton billet, j’aime beaucoup ;-).

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