Bonaire, maintenant tu sais

February 26th, 2016 @ 12:52 par A l'Ouest

Bonaire, Now You Know” est le slogan de l’office du tourisme de cette petite île du sud des Caraïbes.

Située à environ 100 km au nord de Caracas, elle fait partie géographiquement du groupe dit “ABC” (Aruba, Bonaire, Curacao) mais administrativement est une province hollandaise (l’équivalent d’un département d’outre-mer chez nous) en compagnie de Saint Martin, Saba et Saint Eustache, toutes trois situées bien plus au nord-est de l’archipel. Pas fous, ils utilisent le dollar comme monnaie comme tous leurs voisins.

Nous sommes, comme le montre le panneau ci-dessous, pas mal loin de chez nous.

L’île abrite quelques 15 000 habitants, on ne s’y bouscule pas donc, à part les jours de marché lorsqu’un bateau de croisière vient faire halte quelques heures dans le petit port.

L’architecture est typique, avec ces petites maisons de couleurs vives aux toits pentus entourées de porches ombragés.

Le symbole de Bonaire est le flamant rose (l’aéroport s’appelle Flamingo Airport, c’est tout dire). Il y a une grande réserve au nord de l’île mais on en voit un peu partout dans les mangroves.

On croise aussi des chèvres en liberté, des ânes sauvages, des iguanes et des lézards balèzes.

Avant l’arrivée des Européens, Bonaire fut plus ou moins sporadiquement habitée par les Indiens Arawak, venus du continent proche. À part le néerlandais, on y parle le Papiamento, un créole dérivé du portugais et mâtiné de néerlandais et d’espagnol.


Pétroglyphes Arawaks dans une grotte.

À part de superbes bougainvillées comme ci-dessous,

la végétation est assez aride, une combinaison de l’absence d’eau de source (Bonaire est un socle coralien soulevé par un volcan), de vents constants et des effets d’El Nino — il n’a pour ainsi dire pas plu depuis 4 ans. Ça donne un petit côté très Far West par moments, surtout avec tous les cactus (cadushi) dont on utilisait le bois très dur autrefois pour faire des meubles, mais qui actuellement servent à fabriquer des clôtures. Et de l’alcool, parce que l’Homme fait de l’alcool avec n’importe quoi.

Tellement aride que pour cultiver l’aloès correctement, il faut l’arroser, un comble pour une plante grasse. Autrefois cultivé intensivement dans la région pour l’industrie pharmaceutique (on utilisait non la pulpe, mais le jus — l’alantoïne — pour en faire des laxatifs. On se demande ce qu’ils pouvaient bien bouffer en Europe pour avoir autant besoin de laxatifs, mais passons), on le redéveloppe actuellement pour en faire des cosmétiques.

Bonaire est un spot renommé pour la plongée, grâce à la pureté cristalline de ses eaux et la diversité de son récif corallien. La constance du vent en fait aussi un endroit incontournable pour le windsurf.

Les enfants ont adoré cette parenthèse au soleil, d’autant que pendant ce temps-là, il gelait à pierre fendre à New York.

On reviendra sûrement !

American Girl

February 4th, 2016 @ 19:50 par A l'Ouest

Presqu’aussi incontournable que Disney dans l’imaginaire des fillettes américaines middle class de 6 à 12 ans, l’univers American Girl.

American Girl, ce sont avant tout des poupées, qui ne sont ni des baigneurs qu’on habille et qu’on berce, ni des Barbies super-sexuées (ni des Bratz trashy). Petites filles normales et “bien de leur âge”, elles revendiquent leur place dans une période pré-adolescente (“tween” nous disent les marketeurs).

Il y a en gros deux catégories : Les poupées “Truly Me“, que l’on choisit la plus proche possible de sa propre physionomie (couleur et texture des cheveux, couleur et forme des yeux, ton de la peau), et la série “historique“, dont chaque poupée représente une fillette vivant à une époque donnée, vêtements et accessoires à l’appui, et série de livres assez bien faits, je trouve. Tournesolette est l’heureuse propriétaire de Rebecca, petite fille juive d’une douzaine d’années vivant à New York au tournant du siècle dernier.

Les poupées sont chères (aux alentours de $100, un beau cadeau donc) et les accessoires font vite monter la note. L’on peut se vêtir comme sa poupée, les vêtements sont donc tous disponibles en tailles enfant, et je le dis en tant qu’acheteuse potentielle, pas de super qualité: Bonjour les chemises de nuit romantiques en pur polyester ! Chez nous c’est donc Belle-Maman qui coud des tenues assorties dans des tissus bien plus sympas :)

La boutique American Girl de New York occupe quatre étages d’un bâtiment sur la 5e avenue, et au dernier étage se trouve un restaurant où l’on peut célébrer son anniversaire en compagnie de sa poupée, bien sûr. Si vous n’en avez pas, on vous en prête une !

Tournesolette, qui à 13 ans est dans le haut de la démographie classique du lieu, y a fêté son anniversaire la semaine dernière.

Une couronne pour la reine du jour, et une pour la poupée bien sûr.

Après un dîner classique (petites entrées, plat principal à la carte) pas mal du tout, le gâteau !

Pour la poupée, vaisselle à l’échelle et cupcake.

On ne manquera pas, avant ou après la fête, d’aller faire coiffer sa compagne au salon de beauté adjacent. Il y a aussi un hôpital des poupées, en cas d’accident petit ou gros.

Snowzilla

January 25th, 2016 @ 00:29 par A l'Ouest

Après un début en douceur (et humidité, beurk la pluie battante par 10°), l’hiver a décidé de se réveiller en nous collant direct un uppercut glacé : un bien beau blizzard que d’aucuns qualifient déjà “du siècle”, enfin jusqu’au prochain je suppose. Son vrai petit nom c’est Jonas mais comme ce n’est pas très amusant (à part pour ceux qui connaissent un Jonas IRL et qui peuvent donc le chambrer durant une bonne semaine au moins) et que les Ricains n’aiment rien tant que les références cinématographiques ou pseudo-, on l’a bien vite surnommé “Snowzilla” (on avait bien eu Snowmaggedon en 2011 et Snowpocalypse plus récemment).

Les enfants auraient bien voulu un jour sans école mais manque de bol, Jonas a eu a politesse de pointer son nez dans la nuit de vendredi à samedi.

Samedi matin donc, ça soufflait déjà bien. Le chat n’était pas hyper jouasse quand il s’est aperçu qu’il lui faudrait se geler les pattes pour aller arroser le tas de sable des voisins en ignorant superbement la belle caisse ad hoc qu’on s’obstine à lui présenter, donc c’est totalement de sa faute.

Après une journée cocooning à jouer au Cluedo et à la Wii et à manger des crêpes histoire de s’entraîner pour la Chandeleur, on est allés se coucher alors que ça soufflait toujours pas mal.

Dimanche matin, la rue présentait un spectacle assez rare, puisqu’on ne pouvait aller nulle part sans s’enfoncer jusqu’aux hanches dans la poudreuse.


C’est le moment d’indécision: on marche sur le trottoir ou la chaussée?

Il a fallu donc se mettre au boulot. Le dégagement et l’entretien des trottoirs à NY est normalement à la charge des riverains. Dire qu’après il y en a qui râlent contre l’ingérence de l’État.

Un beau tas de neige, c’est chouette pour se creuser un igloo, ou plus exactement (car Mme Dodinette m’a expliqué la différence, grâces lui soient rendues), un quinzee.

La météo annonce la possibilité d’une resucée dans la semaine, kill me now.

Major Tom s’est envolé pour de bon

January 11th, 2016 @ 18:34 par A l'Ouest

Bacalao a la vizcaina

January 4th, 2016 @ 11:28 par A l'Ouest

Traditionnellement, les habitants des Caraïbes mangent beaucoup de morue. Comme l’explique Mark Kurlansky dans son livre Cod, A biography of the Fish That Changed the World, un ouvrage absolument fascinant que je vous recommande chaudement, la consommation de morue est due au commerce triangulaire. La morue salée servait à la fois comme monnaie d’échange pour acquérir des esclaves sur les côtes africaines, et comme source de protéines peu onéreuse pour les nourrir une fois sur place. Les populations en vinrent à dépendre exclusivement de la morue pour se nourrir, tant et si bien que l’arrêt des importations de morue en Jamaïque à la suite de la Révolution américaine provoqua une famine qui fit 15 000 victimes entre 1780 et 1787.

De nos jours, la morue a quasiment disparu, victime de la pêche industrielle, et on vend comme “morue” diverses autres espèces telles que le haddock.

À la différence de la morue salée, dure comme du bois que l’on voyait entassée en plein air sur les étals des marchés auvergnats dans mon enfance (tant pour la cuisine portugaise que pour certains plats auvergnats traditionnels comme l’estofinado), celle que je trouve dans mon supermarché local est semi-salée, c’est à dire encore souple, et conservée au frais. Bonus: ce sont des filets normalement sans arêtes.

Il y a différentes marques mais je trouve que merex présente la meilleure qualité, et le moins d’arêtes surprises.

Sur le dos du paquet, il y avait la recette suivante, que j’ai juste adaptée en mettant moins de piment.

La première chose à faire, c’est de dessaler la morue dans un assez grand récipient plein d’eau, au frigidaire pendant 24 h en changeant l’eau trois fois.

Ensuite, il nous faut les ingrédients suivants:

La morue, un oignon émincé, deux ou trois gousses d’ail de même, deux poivrons itou, une boîte de tomates en morceaux, et du piment d’Espelette en hommage aux Basques, grands pêcheurs de morue devant l’Éternel (vraiment, lisez le livre, il en vaut la peine).

Dans une grande sauteuse, faire revenir l’oignon dans un peu d’huile d’olive.

Une fois revenu, toujours sur le feu, poser dessus les filets de morue égouttés

puis les poivrons, l’ail, et on verse par-dessus les tomates et leur jus, sans oublier un peu de piment d’Espelette.

Baisser à feu moyen, couvrir et laisser mijoter sans y toucher 15 minutes environ. Le plat est prêt lorsque les poivrons sont cuits.
Servir dans des assiettes creuses, se régaler.

Facile, rapide, et délicieux.