Coing coing

November 10th, 2017 @ 18:55 par A l'Ouest

C’est l’automne, la saison des confitures. Autant les mirabelles sont quasi introuvables ici et c’est bien dommage pour la confiture préférée, autant on trouve assez facilement de quoi faire ma seconde confiture préférée : la gelée de coings.

Donc on prend des coings, on les essuie pour enlever le duvet, et on les découpe à la hache en gros morceaux sans les éplucher ni rien. On les flanque dans une marmite avec de l’eau juste à niveau (attention, ça a tendance à flotter) et on fait bouillir suffisament longtemps pour faire du bon jus.

On filtre le jus dans une passoire, on le pèse, et on le fait cuire avec son poids en sucre pendant disons, un épisode complet de la série Dix Pour Cent (Call My Agent est le titre sur Netflix).

Mettre en pot la gelée ainsi obtenue. Se régaler.

Mais que faire de la pulpe? De la pâte de coings pardi.

Passer la pulpe à la moulinette pour éliminer peaux et pépins, verser cette compote dans la marmite avec (encore) son poids en sucre, et faire mijoter en remuant pendant un second épisode de Dix Pour Cent, ou encore, jusqu’à ce que le mélange se détache des parois de la marmite, whichever comes first.

Étaler la pâte sur un ou deux plateaux, laisser sécher quelques jours et rouler dans le sucre.

Faire des heureux (les fêtes approchent !)

Valise diplomatique

October 30th, 2017 @ 13:22 par A l'Ouest

Dans les discussions d’expatriés, un sujet qui revient souvent sur le tapis est ce qu’on rapporte de France, ou éventuellement comment s’en passer. Comme on s’en doute, la conversation tourne surtout autour de la nourriture (et de la boisson), tant il est vrai que quand deux Français se rencontrent, non seulement vous avez affaire à trois partis politiques, mais vous repartez surtout avec l’adresse de leur restaurant favori.

Je m’aperçois que le contenu de la “valise diplomatique”, celle que l’on pèse avec précautions avant le départ et dont on se demande si oui ou non son contenu amoureusement emballé passera la douane, a pas mal varié depuis les 14 ans (diantre) que je vis ici.

Tout d’abord parce que les besoins de la petite famille ont varié avec le temps. Les enfants au berceau consomment généralement assez peu de Nutella et de Ricoré ; une tribu de préados n’a en principe pas besoin de soupes Blédina en poudre ou de liniment oléo-calcaire pour les petites fesses (Okay le Frenchie en vacances ne rapporte pas QUE de la bouffe mais aussi de la parapharmacie).

Ensuite, l’offre au niveau local s’est considérablement diversifiée, sur New York en tout cas (pour les coins plus isolés au centre du pays, il faut encore s’appuyer sur Grand-maman et ses colis, quoique Amazon a fait de gros progrès). On trouve du pain correct un peu partout, et même du cidre qui vaut bien le breton. Le moindre supermarché vend de la confiture Bonne-maman, les Brioches Pasquier se trouvent presque partout, pour ne citer que deux exemples. Ce post n’est pas sponsorisé, hélas pour moi.

Mais je crois que l’évolution principale s’appelle l’acculturation. Nous avons pris nos marques dans ce pays qui est maintenant le nôtre, nous avons adapté notre attitude, notre palais, notre répertoire culinaire. Nous ne recherchons plus à tout prix des ersatz aux produits et ingrédients du pays. A Thanksgiving, on rôtit la dinde, mon cheesecake au kabocha se défend, mon chili aussi, j’ai plusieurs sortes de muffins à mon répertoire, mes enfants adorent mes chicken wings et on mange des pancakes plus souvent que des croissants le dimanche matin.

Il va sans dire qu’on est toujours contents de rapporter un pot de confiture maison de grand-mère, et du Ricoré, et que le rayon yaourt des supermarchés de la mère patrie nous fait toujours rêver.

Et j’achète toujours mes soutifs et mon déo quand je suis en vacances en France, parce que bon ici c’est… pas pareil.

T’as le yaourt, coco

October 13th, 2017 @ 21:20 par A l'Ouest

On ne va pas s’étendre sur le fait que je n’ai rien publié depuis fouyaya tout ça. On va plutôt s’esbaudir sur la référence culturelle du titre ci-dessus.
Sans trop insister sur mon grand âge justement trahi par ce genre de référence culturelle. Ahem.

Les yaourt au lait de coco, c’est très bon, mais c’est un peu hors de prix quand on considère que le petit pot de Anita’s sur lit de fruits frais s’enlève à près de $5, et c’est à ma Co-op, qui pratique des prix plutôt plancher.

Alors quand j’ai vu un tuto en vidéo sur Face de Bouc, j’ai sauté le pas.

Le yaourt coco c’est fort simple, il n’y a que 2 ingrédients. Du lait de coco tout ce qu’il y a de banal, et des probiotiques (choisir de préférence ceux qui se gardent au frigo).

Verser le lait de coco dans un grand bol, le fouetter pour le rendre homogène. Ajouter le contenu de 2 capsules de probiotiques, bien mélanger.

Verser dans autant de récipients qu’on voudra, bien propres. Recouvrir d’un linge ou d’une feuille d’essuie-tout maintenue par un élastique, comme ici.

Laisser à température ambiante sans y toucher durant 48 h, puis réfrigérer.

Un pur délice.

Bonaire, maintenant tu sais

February 26th, 2016 @ 12:52 par A l'Ouest

Bonaire, Now You Know” est le slogan de l’office du tourisme de cette petite île du sud des Caraïbes.

Située à environ 100 km au nord de Caracas, elle fait partie géographiquement du groupe dit “ABC” (Aruba, Bonaire, Curacao) mais administrativement est une province hollandaise (l’équivalent d’un département d’outre-mer chez nous) en compagnie de Saint Martin, Saba et Saint Eustache, toutes trois situées bien plus au nord-est de l’archipel. Pas fous, ils utilisent le dollar comme monnaie comme tous leurs voisins.

Nous sommes, comme le montre le panneau ci-dessous, pas mal loin de chez nous.

L’île abrite quelques 15 000 habitants, on ne s’y bouscule pas donc, à part les jours de marché lorsqu’un bateau de croisière vient faire halte quelques heures dans le petit port.

L’architecture est typique, avec ces petites maisons de couleurs vives aux toits pentus entourées de porches ombragés.

Le symbole de Bonaire est le flamant rose (l’aéroport s’appelle Flamingo Airport, c’est tout dire). Il y a une grande réserve au nord de l’île mais on en voit un peu partout dans les mangroves.

On croise aussi des chèvres en liberté, des ânes sauvages, des iguanes et des lézards balèzes.

Avant l’arrivée des Européens, Bonaire fut plus ou moins sporadiquement habitée par les Indiens Arawak, venus du continent proche. À part le néerlandais, on y parle le Papiamento, un créole dérivé du portugais et mâtiné de néerlandais et d’espagnol.


Pétroglyphes Arawaks dans une grotte.

À part de superbes bougainvillées comme ci-dessous,

la végétation est assez aride, une combinaison de l’absence d’eau de source (Bonaire est un socle coralien soulevé par un volcan), de vents constants et des effets d’El Nino — il n’a pour ainsi dire pas plu depuis 4 ans. Ça donne un petit côté très Far West par moments, surtout avec tous les cactus (cadushi) dont on utilisait le bois très dur autrefois pour faire des meubles, mais qui actuellement servent à fabriquer des clôtures. Et de l’alcool, parce que l’Homme fait de l’alcool avec n’importe quoi.

Tellement aride que pour cultiver l’aloès correctement, il faut l’arroser, un comble pour une plante grasse. Autrefois cultivé intensivement dans la région pour l’industrie pharmaceutique (on utilisait non la pulpe, mais le jus — l’alantoïne — pour en faire des laxatifs. On se demande ce qu’ils pouvaient bien bouffer en Europe pour avoir autant besoin de laxatifs, mais passons), on le redéveloppe actuellement pour en faire des cosmétiques.

Bonaire est un spot renommé pour la plongée, grâce à la pureté cristalline de ses eaux et la diversité de son récif corallien. La constance du vent en fait aussi un endroit incontournable pour le windsurf.

Les enfants ont adoré cette parenthèse au soleil, d’autant que pendant ce temps-là, il gelait à pierre fendre à New York.

On reviendra sûrement !

American Girl

February 4th, 2016 @ 19:50 par A l'Ouest

Presqu’aussi incontournable que Disney dans l’imaginaire des fillettes américaines middle class de 6 à 12 ans, l’univers American Girl.

American Girl, ce sont avant tout des poupées, qui ne sont ni des baigneurs qu’on habille et qu’on berce, ni des Barbies super-sexuées (ni des Bratz trashy). Petites filles normales et “bien de leur âge”, elles revendiquent leur place dans une période pré-adolescente (“tween” nous disent les marketeurs).

Il y a en gros deux catégories : Les poupées “Truly Me“, que l’on choisit la plus proche possible de sa propre physionomie (couleur et texture des cheveux, couleur et forme des yeux, ton de la peau), et la série “historique“, dont chaque poupée représente une fillette vivant à une époque donnée, vêtements et accessoires à l’appui, et série de livres assez bien faits, je trouve. Tournesolette est l’heureuse propriétaire de Rebecca, petite fille juive d’une douzaine d’années vivant à New York au tournant du siècle dernier.

Les poupées sont chères (aux alentours de $100, un beau cadeau donc) et les accessoires font vite monter la note. L’on peut se vêtir comme sa poupée, les vêtements sont donc tous disponibles en tailles enfant, et je le dis en tant qu’acheteuse potentielle, pas de super qualité: Bonjour les chemises de nuit romantiques en pur polyester ! Chez nous c’est donc Belle-Maman qui coud des tenues assorties dans des tissus bien plus sympas :)

La boutique American Girl de New York occupe quatre étages d’un bâtiment sur la 5e avenue, et au dernier étage se trouve un restaurant où l’on peut célébrer son anniversaire en compagnie de sa poupée, bien sûr. Si vous n’en avez pas, on vous en prête une !

Tournesolette, qui à 13 ans est dans le haut de la démographie classique du lieu, y a fêté son anniversaire la semaine dernière.

Une couronne pour la reine du jour, et une pour la poupée bien sûr.

Après un dîner classique (petites entrées, plat principal à la carte) pas mal du tout, le gâteau !

Pour la poupée, vaisselle à l’échelle et cupcake.

On ne manquera pas, avant ou après la fête, d’aller faire coiffer sa compagne au salon de beauté adjacent. Il y a aussi un hôpital des poupées, en cas d’accident petit ou gros.